Independencia

De Paris Kiwi

Collectif de critique de cinéma et ciné-club mensuel. Extrait de présentation provenant de independenciarevue.net :

But Doc I thought you were done with all that sad bullshit...

Il y a une phrase de Truffaut que l’on cite souvent en lui prêtant une pointe d’amertume. “En France, écrivait-il, tout le monde a deux métiers : le sien, et critique de cinéma.” Force est de constater qu’aujourd’hui la plupart des critiques n’ont qu’un métier, le leur. La fonction continue de se professionnaliser, d’être pratiquée d’une manière de plus en plus experte, quand bien même elle se définit moins par un exercice intellectuel que par une identité collective. La tradition française de la critique de cinéma se perpétue parce qu’elle constitue une rente, permet de percevoir des profits symboliques et matériels sans contrepartie réelle.

Independencia est une revue d’amateurs, pour qui la citation de Truffaut n’est pas une blague mais une réalité. Ceux qui y écrivent sont pigistes ailleurs, baby-sitters, ou enseignent le cinéma, l’escrime, la littérature, la philosophie… Ils n’y trouvent ni source de revenus ni reconnaissance symbolique. La question longtemps posée de la viabilité financière d’Independencia a de fait trouvé une réponse négative. Ce qui ne veut pas dire que la revue puisse se passer d’une économie, d’une cohérence en même temps que d’une épargne.

Independencia ne se situe pas en dehors de la critique, ne se désigne ni ennemis ni adversaires. On lui prête même des amis. Elle ne se cherche en revanche pas d’alliés objectifs, ne tend pas à l’élaboration d’une “nouvelle critique”, quelle que soit la signification que l’on puisse donner à l’expression : ici un champ, là un cartel de publications. La revue est restée fidèle à son nom jusqu’à la parodie, et n’est plus liée aux éditions Independencia que par des relations d’amitié, et à Norte Distribution par une histoire commune.

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